Enquête et témoignages : "Heureux, les polyamoureux ?"

Ni échangistes ni libertins, ils revendiquent la possibilité d’être épris de plusieurs personnes, ouvertement et honnêtement. Comment aiment-ils ? Le polyamour est-il l’avenir du couple ? Enquête et témoignages. « Je viens d’avoir mon amoureuse Gabriela au téléphone. Quel plaisir !» confie Fredrik, 47 ans. À ses côtés, sa compagne, Isabelle, Bretonne de 38 ans, le gratifie d’un sourire radieux… avant d’évoquer à son tour ses deux autres amours. Ils sont une trentaine, entre 20 et 60 ans, à se presser autour du buffet de ce « café poly » parisien. Après avoir expérimenté la monogamie, les séparations et, parfois, l’infidélité, ils ont choisi d’aimer sans exclusivité. Certains sont en couple a

Isabelle, 38 ans : « J’ai trois amours et je découvre une complétude »

Isabelle, 38 ans, sourcière : « J’ai trois amours et je découvre une complétude » « J’étais avec Fredrik depuis dix-huit mois. Il était très allusif sur sa vie personnelle, secret. J’en souffrais, j’imaginais le pire… Quand il m’a dit qu’il aimait trois autres femmes, j’étais presque soulagée ! Surprise, certes, désorientée… mais étonnamment sereine. J’ai compris que je ne pouvais pas lui demander de choisir. J’ai aussi réalisé que j’avais toujours eu des difficultés, en couple, à me nourrir à une seule source. Ce que je ne m’autorisais pas avant était désormais possible… Au fond, je voulais mon bonheur, le sien, et tant mieux si nous pouvions aussi concourir à celui d’autres personnes ! J’a

Guilain, 29 ans : « Nous avons deux chambres et d’autres histoires »

Guilain, 29 ans, ingénieur entrepreneur : « Nous avons deux chambres et d’autres histoires » « À 20 ans, j’avais une vision traditionnelle du couple. Je cherchais la fille parfaite avec laquelle je ferais ma vie… Puis j’ai rencontré des gens qui vivaient autrement. Intellectuellement, ça m’a séduit, même si j’étais toujours célibataire. Ça m’a aussi permis de désacraliser la rencontre : ce n’était plus “tout ou rien”, la pression était moindre. À 23 ans, j’ai été avec une femme d’accord pour essayer le polyamour. Notre histoire, intense, a duré trois ans. Mais ça n’a pas toujours été facile. Elle pleurait parfois, je culpabilisais… Puis, il y a deux ans, j’ai rencontré Gabrielle. Nous habito

Aurélien, polyamoureux : « Nous sommes deux à prendre soin d’elle »

Aurélien, 32 ans, chef produit marketing : « Nous sommes deux à prendre soin d’elle » « Déjà au collège, on me disait : “Deux amoureuses, ce n’est pas possible. Il faut choisir.” J’ai donc été monogame, parfois infidèle. Jusqu’à ce qu’en 2003 j’entende parler d’un couple à trois. Comment faire ? En rencontrer une, puis une autre ? Passer une annonce pour deux ? J’ai été avec une libertine, qui acceptait de coucher ailleurs sans aimer ; puis avec une fille trop possessive. Ça ne marchait pas… Je voulais organiser ma vie honnêtement, avec plusieurs personnes. En 2009, j’ai rencontré Meta et Thomas, polyamoureux depuis trois ans. Avec Meta, ce fut vite intense, sérieux. Bien sûr, j’ai eu du mal