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Avec Flavie Flament sur RTL... entre deux tétées ;-)

April 23, 2018

Au débotté et entre deux tétées (notre seconde fille étant née le 12 avril !)*, je répondais vendredi par téléphone aux questions de Flavie Flament sur l’impact de la révélation de la double vie d’un parent pour les enfants. Quand ils apprennent, à 15, 30 ou 60 ans, que leur parent a fondé une autre famille, ailleurs.

 

Thème délicat et complexe, à réécouter ici.

 

Comme souvent, j’ai l’impression d’avoir oublié de dire des choses importantes. Voici donc un petit complément ;)

 

 

 

Quand les enfants découvrent la double vie de leur parent

 

Le sol s’effondre sous leurs pieds

Lorsqu’ils apprennent que leur père a mené une double vie, les enfants ont, bien sûr, souvent l’impression d’avoir été trahis. Ils se sentent floués, dépossédés d’une partie de leur histoire. Comment une telle tromperie a t-elle pu tenir si longtemps ? Que savait l’autre parent ? La mère a-t-elle accepté, été complice de cette duplicité ? Autant de questions qui remettent en cause l’idéal familial, mais aussi plus largement l’histoire de la famille et l’histoire de vie de l’enfant.

Avec le risque que l’ombre du mensonge ternisse tous les souvenirs, jette le doute sur la totalité des moments vécus ensemble. En effet, « si un tel mensonge a été possible, le reste était-il réel ? Notre père était il vraiment heureux avec nous ? Lorsqu’il disait m’aimer, était-ce vrai ? Qui était-il vraiment ? » Impossible désormais de croire en la parole donnée. Plus rien n’a de sens, plus rien n’est juste, plus aucune réalité n’est tangible. Le sol s’effondre sous leurs pieds. « C’est comme la Matrice** », confiait L. plongée dans une forte angoisse après la découverte, à ses obsèques, de la double vie menée par son père.

Avec la colère, surgissent aussi parfois des questions identitaires (« Qui suis-je, enfant de ce parent qui m’a tellement menti ? Suis-je moi-même un mensonge ?»), une profonde remise en question des valeurs transmises et parfois même la honte d’être l’enfant d’un fabulateur (« Suis-je comme lui ? Suis-je aussi capable de mentir à tout le monde ? »).

 

Même adultes, ils l'apprennent avec leur coeur d'enfant

En plus de l’ébranlement lié au mensonge, s’ajoute la révélation d’avoir des frères et/ou sœurs inconnus. Quand la vérité éclate, qu’ils aient 15 ou 75 ans, qu’ils soient fils/fille unique ou déjà en fratrie, les enfants qui apprennent l’existence de l’autre famille, le reçoivent à hauteur d’enfant, avec leur cœur d’enfant. Tout un coup, un autre objet d’amour parental apparaît. Comme lorsque les tout petits apprennent l’arrivée d’un frère ou d’une sœur, les sentiments peuvent être ambivalents, partagés entre le risque de s’être vus voler l’attention des parents et l’envie de découvrir cet autre membre de la famille. Tout cela vient interroger (avec culpabilité parfois) le caractère unique, exceptionnel de l’enfant légitime et la quantité d’amour qui lui est due : Suis-je autant aimé que l’autre ? Quel amour ai-je mérité ou volé ? De quelle quantité d’attention ai-je été dépossédé ? Pourquoi mon parent s’est-il occupé de notre famille et pas (ou moins) de l’autre ? Qu’aurais-je vécu si j’avais été l’enfant illégitime ?

 

Que savons nous de nos parents ?

La révélation vient enfin questionner ce que l’enfant sait de ses parents. Apprendre un tel secret, c’est être confronté à l’irréductible mystère qu’est l’autre. C’est accepter qu’il y aura toujours une part cachée, que la différence d’autrui est insoluble. Une vérité toujours plus difficile à entendre lorsqu’il s’agit de nos proches et encore plus de ceux qui sont aux racines de notre histoire et de notre identité. C’est aussi admettre qu’il y aura toujours un fossé entre moi et l’autre, que nous ne pourrons jamais réduire sa différence à du connu, jamais maîtriser son altérité. C’est donc, aussi, lâcher le contrôle et accepter notre incontournable solitude. Une « contrainte existentielle », pour reprendre un terme gestaltiste, génératrice d’angoisse. C’est en effet nous confronter au fait que, même si nous pouvons nous appuyer et nous nourrir des relations humaines, nous sommes fondamentalement seuls au monde.

 

Des recompositions heureuses

Finissons tout de même sur une note moins sombre. Car il y a aussi parfois de belles aventures nées de telles révélations. Si certaines familles se déchirent, d’autres parviennent à construire une famille élargie où chacun peut enfin trouver sa place dans une histoire apaisée. Certains enfants témoignent aussi, malgré leur souffrance, d’avoir véritablement rencontré leur parent, avec ses aspérités, ses difficultés, ses failles, mais aussi sa profondeur et sa vulnérabilité. Dans l’émission, le courageux témoignage de Sylvia, enfant de l’ombre, est à ce titre une belle preuve d’amour pour son père.

 

 

 

* Merci à mon compagnon, super papa qui prend immédiatement le relai du pouponnage pour que je fasse l’intéressante sur les ondes !

**Du nom du film dystopique des Wachowski, « Matrix », (1999) dans lequel les humains vivent en fait dans une réalité virtuelle.

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