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« No zob in job », vraiment ?

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C’est la règle que nous avons tous en tête… et que nous sommes nombreux à transgresser puisque, selon une récente enquête Ipsos,  14 % des couples se seraient rencontrés au travail. Un chiffre qui grimpe même à 25% selon une étude un peu plus ancienne (2) !

Pourtant, nombre d’amourettes nées aux horaires de bureau veulent rester secrètes. Si s’aimer au travail n’est pas interdit (3), pourquoi est-ce donc si tabou ?

J’ai eu le plaisir d’en parler avec Olivier Delacroix sur Europe 1 et d'entendre les nombreux témoignages des auditeurs sur ce thème... disons... palpitant !

 

 

Le boulot, c’est du sérieux coco !

Le monde du travail est un monde complexe. Plus qu’ailleurs, nous y sommes en représentation, nous essayons d’être « nous en mieux », nous nous obligeons à faire attention et à mettre (un peu plus que d’habitude) de l’huile dans les rouages de nos relations sociales. Un lieu public, dans lequel il est mal vu d’instiller de l’intime, des émotions, de l’affection, toutes ces choses frétillantes et incontrôlables, qui pourraient nuire à la sacro sainte productivité (mais pas à la créativité !). Au travail, notre investissement narcissique est aussi massif. Nous y jouons une grande part de notre reconnaissance sociale, de notre ambition, et, bien sûr, de notre croissance professionnelle, de notre carrière. C’est enfin, alors que la peur de la précarité ne cesse de gagner du terrain (4), une indispensable source de revenus. Bref, le boulot, c’est du sérieux ! Pas question d’y mettre du petit cœur qui bat, des yeux qui papillonnent ou des soupirs amoureux. Pas question, non plus, de prendre le risque de se promener le cœur grand ouvert dans cet univers souvent impitoyable.

 

 

Tomber amoureux comme on tombe de sa chaise

Mais le monde du travail, c’est aussi la vraie vie ! Nous y sommes secoués par des joies et des peines, des amitiés, du désir… et, parfois, de l’amour. Nous entrons alors dans une zone de turbulences, magnifiquement vivante, excitante, émouvante, mais aussi

possiblement anxiogène et fragilisante.

 

Car oui, tomber amoureux, c’est toujours un peu tomber de sa chaise. Un mouvement qui nous surprend et nous laisse pantois. Nous essayons bien sûr de trouver des appuis, de faire la tête « tout va bien, c’est exactement ce que je voulais faire », mais en vain : par nature, l’amour est imprévisible, surprenant, incontrôlable.

 

 

 

 

Surpriiiise !

L’amour est en effet plein de surprises. Surprise de la rencontre de l’autre dans sa différence, avec ses qualités mais aussi ses aspérités, ses failles, son histoire. Surprise de la rencontre avec nous-même tel que nous nous dévoilons, nous révélons et nous découvrons en interaction avec cette nouvelle personne, si singulière. Surprise de cette relation dans laquelle nous risquons d’y trouver du bon, du beau, mais aussi de l’ombre, des choses désagréables et déstabilisantes. Aimer, c’est donc prendre le risque d’être confronté à toutes ces surprises. C’est s’engager dans une relation sans vouloir la maîtriser. Lâcher la sécurité du « déjà connu » pour s’ouvrir à la nouveauté. Se laisser emporter dans un mouvement qui nous échappe et nous engage totalement, avec tout notre cœur, notre corps, notre passé, les représentations que nous avons de nous-mêmes et de l’autre… De quoi avoir la trouille, n’est-ce-pas ?

 

 

Éviter le crash après le crush

C’est le moment où Olivier Delacroix me demande de donner des conseils « à ceux qui aimeraient se lancer ». Je me trouve bien embêtée. Des conseils pour éviter le crash après crush, je n’en ai pas. Car quand on tombe amoureux on fait tout, sauf écouter les paroles de prudence. On se lance dans l’inconnu sans parachute, et c’est tant mieux. Mais aussi parce que recettes, protocoles et recommandations sont à l’exact opposé du mouvement amoureux. Comme le soulignait joliment le gestalt thérapeute Yves Mairesse dans une interview (5), l’amour est à l’image de la « caresse » décrite par le philosophe Emmanuel Levinas. La caresse « ne sait pas ce qu’elle cherche. Elle est comme un jeu avec quelque chose qui se dérobe, et un jeu absolument sans projet ni plan, non pas avec ce qui peut devenir nôtre et nous, mais avec quelque chose d’autre, toujours autre, toujours inaccessible, toujours à venir. La caresse est l’attente de cet avenir pur, sans contenu » (6). Sans programme, ni préméditation.

 

 

 

Pour écouter l'émission, c'est ici : « Partagez vos expériences de vie »

 

 

Notes :

1) Selon une étude Ipsos citée par France Info (j’ai pas retrouvé le lien de l’étude, désolée).

 

2) Sondage OpinionWay d’octobre 2015 pour « J'aime ma boîte, Le Parisien Economie, RTL ».

 

3) À savoir : aimer est un droit fondamental. Au bureau, il est autorisé tant qu’il n’y a pas de “conséquences sur l’exécution du contrat de travail”. À lire dans cet article de Capital

 

4) À lire ici dans l'Humanité

 

5) « Faut-il admirer l’autre pour l’aimer ? » interview d’Yves Mairesse,

Psychologies magazine N°331, Juillet-Août 2013.

 

6) LEVINAS Emmanuel, Le temps et l’autre, PUF, 1985

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