• gueretcecile

Amour : Oser dire "je" pour mieux rencontrer l'autre

Mis à jour : mai 6

Pour France Bleu Touraine, Isabelle Dorso m'a proposé de présenter quelques exercices dans "le conseil bien-être". Voici le troisième de la série de six épisodes, à écouter ici : Comment oser dire "je" ?


Le "on" qui cache le "je"

« Quand on est seul, c’est difficile d’aller vers les autres. », explique Paul. « Passé un certain âge, on ne se trouve plus désirable », ajoute Christine. Qui est ce « on » ? Est-ce une manière pudique qu’ont Paul et Christine de parler d’eux-mêmes ? De témoigner d’expériences partagées par des amis ? De choses vues à la télévision ? De stereotypes ou de petites phrases qu'ils ont entendues, avalées toutes crues, sans se demander si elles leur convenaient ou pas ? Est-ce ce qu'ils supposent, projettent des attentes de leur entourage ? Ce qu’ils imaginent qu’il faudrait ressentir pour être « normal », comme tout le monde ?


Photo : Will Bolding


> L’exercice que je vous propose avec France Bleu Touraine, c'est de vous exercer à dire "je" :

Soyez attentif à votre manière de dire les choses. Essayez de repérer les moments où vous dites « on », « les gens », « dans la vie », et autres formules généralistes. Faites l’effort de les remplacer par « je », « moi », « il me semble que », « dans telle situation, je me sens… ».

Est-ce que cela change quelque chose ? Est-ce bien de vous que vous parlez ? Ou est-ce une phrase que, finalement, vous n’avez pas envie de vous approprier ?

C’est une gymnastique à pratiquer le plus souvent possible. Ce n’est pas toujours évident car c’est un tic de langage très courant et souvent bien ancré. Ce n’est pas simple ! Car nous avons appris, souvent pendant de longues années, à nous organiser autrement, par exemple en projetant que ce sont les autres (notre famille, notre ex-partenaire, la société…) qui ont décidé pour nous. Ou alors en prenant à notre charge ce que les autres attendaient ou ce que nous supposions qu’ils désiraient de nous. Ou encore en inhibant nos propres désirs, en les annulant, en ne les assumant pas, voire en nous disant qu’il est préférable de ne pas désirer.

Ce n’est pas facile non plus car dire « je », c’est assumer la responsabilité de notre parole, de nos projections, de notre compréhension du monde. Cela peut même être angoissant de nous

positionner, d’apparaître, d’oser incarner pleinement notre parole, il peut y avoir la crainte d’être moqué, jugé, rejeté.

Mais c’est essentiel, car c’est retrouver notre intégrité, notre entièreté, au lieu de rester coupés d’une partie de nous-mêmes. C'est ne plus étouffer nos sentiments, assumer d’apparaître, oser incarner pleinement notre parole de nous recentrer sur notre propre vécu de la situation, donc apprendre à nous orienter dans le monde, à choisir, à exister. C’est enfin recontacter nos envies, c’est-à-dire la forme que nous voulons donner à l’avenir.


> Oser dire "je", c'est parfois toucher du doigt la question de la honte. Comment dépasser nos hontes ? Nous en parlions dans cette émission de Flavie Flament, sur RTL, avec le psychiatre Serge Tisseron.


> Pas facile de dire "je" lorsque nous sommes pris dans le "nous" du couple. Comment être ensemble et rester soi ? C'est un beau thème à aborder en thérapie individuelle ou en thérapie de couple. N'hésitez pas à me contacter si vous souhaitez que je vous accompagne en psychothérapie de couple, à Tours ou à distance.

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