• Cécile Guéret

Amour : Ayons de la tendresse pour notre imperfection

Mis à jour : il y a un jour

Pour France Bleu Touraine, Isabelle Dorso m'a proposé de présenter quelques exercices dans "le conseil bien-être". Voici le cinquième de la série de six épisodes, à écouter bientôt sur le site de France Bleu Touraine.


Nous nous comparons aux autres

Dès la petite enfance, nous sommes comparés aux autres enfants : "Ton frère est plus sage", "ta soeur mange de tout, elle !" , "Ton camarade ne fait pas de faute en dictée". Et lorsque cela ne vient pas des commentaires de notre entourage, c'est de notre propre initiative que nous regardons comment font les autres (pour faire rire les copains, pour avoir l'air courageux.se, pour sauter si haut, etc. ). Nous ne cessons de choisir des modèles. Nous sommes des êtres sociaux, notre narcissisme ne se construit pas en autarcie, tout seuls, loin des autres, mais dans le regard, la confirmation et le soutien de nos semblables et ce, tout au long de notre vie. Alors, bien sûr, la comparaison n'est pas nocive en soi, car elle nous permet aussi de progresser, de nourrir notre ambition, notre envie de faire mieux, d'avancer. Ce qui l’est, c’est la croyance que si nous ne sommes pas au top, nous ne sommes rien. Voire moins que rien.


Un idéal inatteignable

N’étant jamais sûrs d’être aimables, nous ne cessons de nous comparer aux autres pour évaluer notre valeur et notre réussite. Souvent, à notre détriment. A force de croire que les autres font nettement mieux que nous, nous nous dévalorisons et nous courons après un idéal inatteignable. Non seulement nous nous épuisons, harassés de ne jamais savoir si la ligne d’arrivée est proche, mais nous risquons aussi une profonde fragilisation narcissique. Le doute et l’insatisfaction nous guettent: Sommes-nous suffisants ? Sommes-nous acceptables avec ce que nous sommes, nos failles, nos imperfections, nos difficultés, nos zones d’ombre ?


Photo Mika Luoma


> L’exercice que je vous propose avec France Bleu Touraine, c'est de vous exercer à avoir de la tendresse pour votre imperfection :

L’indulgence que nous avons pour nos amis, que nous aimons avec (et non pas malgré) leurs défauts, pourquoi ne parvenons-nous pas à l’avoir pour nous-mêmes ? Pour mieux nous aimer et être plus en relation avec les autres, peut-être pourrions-nous avoir de la tendresse pour notre imperfection. Soyons, pour reprendre la célèbre expression du psychiatre Donald Winnicott, "suffisamment bons" et reconnaissons comme nos qualités s’imbriquent bien avec nos défauts. Si nous ne sommes pas les rigolos de service ou les personnes cultivées que nous aimerions être, peut-être sommes-nous doués aux fourneaux ou fidèles en amitié ?

Nous avons tous des qualités et nous sommes tous des humains imparfaits. Nous naissons ainsi, petits nourrissons pas finis, sans la moindre fourrure pour nous protéger, incapables de nous nourrir seuls ni de tenir sur nos pattes (au contraire du poulain ou de la girafe). Cette "néoténie", comme disent les biologistes, est propre au genre humain. C’est bien sûr une grande vulnérabilité car nous dépendons des soins de notre environnement pour survivre. Mais c’est aussi cette défaillance naturelle qui nous permet de créer des liens avec nos semblables. C’est cette imperfection qui nous pousse à aller vers les autres, à avoir besoin de l’autre, à avoir besoin les uns des autres, même en grandissant, et ce, jusqu’à notre mort.


> "Couple : Faut il admirer l'autre pour l'aimer ?" Retrouvez cette enquête que j'avais écrite pour Psychologies. Avec, en complément, deux interviews passionnantes du gestalt thérapeute Yves Mairesse et de la philosophe Cynthia Fleury.


> Sur le thème de la comparaison, voici une émission de Flavie Flament sur RTL, "On est fait pour s'entendre, à laquelle j'ai eu le plaisir de participer avec Ilios Kotsou: "Comment arrêter de se comparer aux autres ?"

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